Cet article est inspiré des vidéos de la chaine feministfrequency qui offre toute une série de vidéos informatives sur la place de la femme dans le jeu vidéo. Je me suis particulièrement penchée sur les sept premiers épisodes ce qui me permettait déjà de traiter une grande partie du sujet.

 

Le jeu vidéo existe depuis maintenant 47 ans environ et a connu d’énormes évolutions techniques. On peut jouer sur console de salon, console portable, ordinateur et téléphone portable ; le jeu vidéo fait parti de nos vies, c’est un média de masse. En partant de cette affirmation, on peut dire qu’il est omniprésent et a un rôle dans notre rapport au monde, dans notre vision du monde.

L’E-sport est aujourd’hui de plus en plus rependu, on le voit à la TV, sur les chaine streaming d’internet et beaucoup d’argent est en jeu. Dans l’ea sport, le corps du joueur n’a pas d’importance, il suffit juste d’avoir des réflexes, de la tactique et être astucieux. Mais pourquoi alors l’E sport est-il essentiellement masculin? Pourquoi les compétitions de femmes sont-elles moins médiatisées? Pourquoi les femmes et les hommes ne jouent-ils pas ensemble?

Et surtout, c’est un fait, pourquoi les gameuses sont-elles rares?

Rappelons qu’avant le jeu vidéo, le premier divertissement était le cinéma et ce n’est pas par hasard que je précise cela. La représentation de la femme au cinéma, même aujourd’hui, peine à évoluer. Les « demoiselles en détresse », les femmes ultra sexualisées et les femmes objets sont omniprésentes dans le septième art. Après 122 ans de cinéma, Scarlett Johanson a toujours droit à un gros plan sur ses seins dans Avengers 2.

Pour lier cinéma et jeu vidéo, on peut bien évidemment parler du film King Kong (sorti en 1933), véritable film culte et chef d’œuvre, il traverse les âges et vie d’adaptations (1976) en adaptations (2005). C’est un inévitable. Si je parle de ce film, c’est car King Kong a donné naissance chez Nintendo à Donkey Kong, personnage culte présent dans de nombreux jeux Mario.

Dans les narrations simples (que ce soit en littérature, au cinéma, ou dans les jeux), il n’est pas rare d’avoir affaire à une jeune fille en détresse. Cette jeune fille, frêle, fragile et belle devient alors l’objectif du héros, et elle est le centre de l’intrigue. Cependant, tout comme un objet, elle est inactive, passive et est lié au désir du héro de l’acquérir. On peut aisément comprendre que cette figure soit présente dans le cinéma (rappelons que la femme en France a obtenu son droit de vote en 1945) mais il est difficile de concevoir que cette figure soit omniprésente dans le médium jeu vidéo qui est si jeune…

Pourtant, le schéma de la fille en détresse se retrouve dans le premier jeu Donkey Kong ; Pour terminer le jeu il faut sauver la femme. Et oui, c’est une fin et motivation qui paraît absolument banale pour la plupart. Mais pas pour certains. La femme est présente dans la narration mais elle est intrinsèquement passive, elle n’est pas jouable. Dans tous les jeux Mario, Peach est capturée. Dans Zelda, la princesse Zelda est toujours capturée. La femme est incapable de se défendre seule, de se débrouiller seule, elle attend. Mais quand par, Ö miracle, en 2006, le jeu Super Princess Peach sort, cela pourrait ressembler à une révolution. En effet, pour la première fois, la princesse iconique de Nintendo va sauver ses amis Mario et Luigi. Comme eux, elle combat des monstres et évitent des obstacles. Seul problème… ses pouvoirs sont ses émotions, quand elle est en colère : les monstres brulent, quand elle pleure : elle inonde, … Après tout, seule les femmes peuvent être hystériques, non?

Bien évidemment, le jeu vidéo a évoluer (tout comme le cinéma) vers une mise en scène « moins » machiste. L’image de la femme stéréotypée devait rester mais devait être plus discrète :

  • Les héros doivent sauver leur fille lorsque leur femme meurt : outlaws 97, ken and lynch : dead men 2007, prototype 2 2012, inversion 2012, asura’s wrath 2012, dishonored 2012. Ici, on enlève le côté sexuelle de la femme à sauver (parce que c’est la fille du héros) mais on dédouble le nombre de femmes impuissantes et faibles : la mère qui meurt, et la fille qui est kidnappée.
  • Les héros doivent sauver une femme d’un démon : les femmes des héros (ou futures femmes) sont possédées et il faut les libérer : MediEvil 2 (2000), The Darkness II (2012), Shadows of the Damned (2011), Dante’s Inferno (2010)
  • Le héros veut sauver une femme qui, au final, à la fin, est déjà morte : Prince of Persia: The Two Thrones (2005), Infamous (2009), Hotline Miami (2012), The Godfather: The Game (2006), Bionic Commando (mention spéciale : son arme est tout simplement l’esprit de sa femme morte…) (2009)
  • Le héros doit tuer la femme par qu’elle le supplie, qu’elle est dangereuse mais qu’elle ne peut rien y faire : Alone in the Dark (2008), Pandora’s Tower (2013), Prey (2006)

Bref, on remarque que la narration évolue quelque peu mais elle est quasiment toujours accompagnée d’une femme qui a besoin d’aide et qui est dépendante. En pensant au processus d’identification que provoque un jeu, on comprend déjà peut-être un peu pourquoi moins de femmes jouent aux jeux vidéos. Il difficile de prendre plaisir à la quête de fantasme d’un homme.

Parallèlement à cela, feministfrequency parle aussi de la femme comme décors et dresse, par exemple, une liste des jeux vidéos où des clubs de striptease, des prostituées sont présents et avec qui ont peut entrer en interaction  : Mortal Kombat (2011), God of War: Ghost of Sparta (2010), Grand Theft Auto V (2013), The Witcher 2 (2011), Deus Ex: Human Revolution (2011), Yakuza 4 (2011), Hitman: Absolution (2012), Mafia II: Joe’s Adventure (2010), The Darkness II (2012), Dishonored (2012), Fallout: New Vegas (2010), Metro: Last Light (2013), et plein d’autres. Petite annecdote : dans une cinématique de No more heroes, le méchant envoie ses deux femmes-protituées comme bouclier pour se défendre, à la fin de la scène les deux têtes de femmes sont à ses pieds… Elle n’oublie pas, par contre de nuancer en montrant certains jeux où des gigolos sont présents (c’est rare, et parfois ce sont des fous dans la rue).

Il y aurait encore tellement de choses à dire à ce sujet ; la gestuelle des corps, la différence des intrigues entre personnages masculins et féminin, la banalisation de la femme objet, la banalisation du corps FAUX de la femme, la différence de couche de vêtements, la différence de physique (beauté) entre homme et femme. Le jeu vidéo très souvent laisse à penser que l’homme est dominant, supérieur et que la femme est dépendante. Les joueurs, peut-être inconsciemment, fantasment cette idée, se sentent plus forts, plus virils (et donc deviennent de plus en plus machistes). Les gameuses, elles, pour prendre plaisir à jouer doivent passer au dessus de la représentation faussée de ce qu’elles sont, elles doivent oublier l’intrigue, et jouer simplement pour le goût du jeu mais pas pour l’identification. Et la distanciation, … ça demande un effort de pensée en plus!

Bien sûr, tous mes propos sont à nuancer, des jeux sont plus féministe (ou moins machistes) que d’autres. La narration évolue peu à peu et dévient moins primitive, les personnages s’égalisent et on commence à penser aux deux sexes lors de la conceptualisation d’un jeu : Rise of the Tomb Raider (femme très belle forte indépendante mais physiquement réaliste), Beyond two soul (rôle principal : une femme « normale » & narration ultra développée), Skyrim (armures réalistes, physique réaliste), Mass Effect (un des personnages est une femme, armure réaliste).

Une petite question pour ouvrir le débat ; Les femmes, veulent-elles vraiment Toutes sortir de cette image fantasmée et fausse (comportement des gameuses pro, cosplay, streaming sexy, campagne de pub pour les jeux)? Je suis curieuse de votre avis… répondez-moi!

 

 

 

 

Un commentaire sur « Les jeux vidéos et la représentation de la femme »

  1. Très intéressant ton article!! Je ne sais pas si toutes les femmes veulent sortir de ce « stéréotype de gameuse » mais si je me fie à ma propre expérience, je dirais oui. Personnellement, j’aimerais que les gameuse soit vu d’un oeil moins idéalisé car souvent, elles sont très sexy, bien coiffées et bien maquillées. Cependant, je ne sais pas pour vous les filles adeptes de jeux vidéos, mais moi quand je joues, je suis en pyjama, pas peignée du tout. Bref, je suis loin de ressembler à l’image de cette fille gameuse. J’ai espoir que les choses changent un peu car comme tu dis, quelques nouveaux jeux vidéos sortis récemment ont davantage fait preuve de féminisme.

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